La chaise tue - Comment échapper à la sédentarité et remettre son corps en marche" (Eyrolles, 2025) d'Alexandre Dana et Victor Fersing Note de lecture

Depuis quelques décennies, la chaise et plus généralement le confort se sont installés dans nos vies en réduisant nos temps en position debout et nos temps d'activités. A travers cet essai, les auteurs nous expliquent comment nos rythmes de vie sédentaires dérégulent notre santé et notre bien-être et comment la société a normalisé le fait de ne pas se déplacer.

La chaise tue est paru le 25 septembre 2025 aux éditions Eyrolles et a été co-écrit par Alexandre Dana et Victor Fersing. Alexandre Dana est un entrepreneur, fondateur de Livementor et expert de la lutte contre la sédentarité en entreprise. À la suite d'un burnout, il change radicalement sa manière de travailler pour marcher quotidiennement. Il est également intervenant au micro du podcast de développement personnel Métamorphose, l'un des trois podcasts les plus écoutés en France. Victor Fersing est quant à lui un spécialiste de l'impact des écrans sur la sédentarité. Il est membre de l'association Lève les yeux et créateur de la chaîne YouTube La Fabrique Sociale qui analyse l'impact des technologies numériques et de l'intelligence artificielle sur notre société. 

Depuis quelques décennies, la chaise et plus généralement le confort se sont installés dans nos vies en réduisant nos temps en position debout et nos temps d'activités. A travers cet essai, les auteurs nous expliquent comment nos rythmes de vie sédentaires dérégulent notre santé et notre bien-être et comment la société a normalisé le fait de ne pas se déplacer. Ils nous aident à prendre conscience du problème et à comprendre pourquoi nous n'agissons pas. Pour cela, ils se sont appuyés sur des entretiens avec des professionnels et des médecins. 

Inquiets pour la santé de la population, les auteurs de ce livre entretiennent un espoir : changer nos pratiques. La sédentarité et les autres maux de la société sont systémiques et nous devons lutter activement contre eux pour détourner des logiques bien installées.  

On découvre d'abord pourquoi cette sédentarité tue. Historiquement, les êtres humains ont toujours marché. Et aujourd'hui passer 8 heures par jour assis, c'est être sédentaire et voir des effets négatifs apparaître comme la prise de poids, l'obésité, le diabète, les maladies cardio-vasculaires, les maux de dos mais également l'anxiété, la dépression et une créativité en baisse. Or, la culture populaire vise à promouvoir ce qui est confortable car c'est reposant, agréable, signe de richesse extérieur.  

Les auteurs ne nous laissent pas démunis face à ces constats en proposant d'autres manières d'habiter le monde, comme faire des appels en marchant, des pauses actives, utiliser les escaliers, le jardinage, la cuisine, etc. Ils conseillent de s'étirer et de changer de position régulièrement. Ils nous rappellent qu'il faut penser à tous ces NEAT (non-exercise activity thermogenesis, ou « activité physique sans exercice ») pour être en mouvement fréquemment.  

Ils reviennent ensuite sur les origines d'une société sédentaire en pointant son début avec l'arrivée des technologies dans notre quotidien et en commençant par les postes de télévision. Les écrans captent notre attention et nous retiennent assis sans que nous voyions le temps s'écouler. Par ailleurs, de nombreux objets nous font gagner du temps en travaillant à notre place mais ce gain de temps pour nous est ensuite réinvesti dans du temps d'écran assis.  

La sédentarité existe également au travail et à l'école. On pense que le travail acharné et pertinent se fait assis derrière son bureau et son écran alors que marcher nous aide à réfléchir efficacement. Il faut également revoir la place que l'on donne au mouvement dans le temps d'apprentissage de nos élèves.  

Ainsi, le travail, la ville et l'école sont des grandes institutions qui poussent à une sédentarité subie. Face à cela, les auteurs proposent de repenser nos manières d'utiliser notre temps libre et d'aménager nos maisons. Ils montrent comment les jeunes ont moins l'habitude de se promener à l'extérieur, et qu'ils sont confinés dans leurs logis. On préfère aujourd'hui garder nos enfants en intérieur avec une culture où la sécurité est une valeur suprême en oubliant de les protéger d'un monde virtuel et de la sédentarité.  

Les expériences humaines ne nécessitent plus autant de mouvements puisque tout est accessible en ligne. On voit d'ailleurs la FOMO que peut créer la multitude de contenus en ligne et le lâcher-prise qu'il faut pour assumer la déconnexion.  

Alexandre Dana et Victor Fersing concluent en rappelant que la marche apporte des bienfaits sur beaucoup d'aspects de nos vies mais que nous les oublions à force de rester assis derrière des objets technologiques et notamment les écrans. La marche apparaît également comme un antidote contre la société qui s'accélère et qui nous surstimule. C'est un moyen de reprendre le rythme naturel de notre corps.  

« Quitter la chaise c'est reprendre la marche et reprendre la marche c'est vivre autrement ». La sédentarité est une crise amplifiée par les environnements numériques et urbains mais la marche est une solution efficace pour la santé physique, mentale, créative et environnementale. 

Une fois le livre fermé, une envie, se lever et prendre l'air. 

Note de lecture rédigée par Maud Paitre